Casting Fantasy, Bryan Cranston en Joker

Il est de ces acteurs et actrices qui, lorsqu’ils mettent leurs capacités et talents au service d’une œuvre, nous procure des sentiments indescriptibles. Peu importe notre sensibilité, notre capacité à extérioriser ces derniers. Que l’on soit autant de marbre qu’un Racaillou ou aussi tendre qu’une madeleine. La tristesse, le rire ou encore la peur sont des émotions que chacun vit à sa manière. Néanmoins, il arrive parfois qu’en regardant un acteur ou une actrice, l’on se demande : « Mais … Il serait vraiment intéressant dans ce rôle ?!!! »

Et si… Bryan Cranston devait jouer le rôle du Joker ? Pour les potentiels non connaisseurs du monsieur, Bryan Cranston est un acteur à la belle longévité ayant été reconnu avant tout en France pour avoir incarné le père de Malcolm avant de finalement connaître la consécration et la reconnaissance en tant que Walter White dans Breaking Bad. Son immense talent ne souffre d’aucune contestation possible à l’heure où j’écris ces lignes. Et d’ailleurs, les deux séries citées plus haut étant totalement aux antipodes en terme de jeu montrent clairement la palette des plus larges dont est capable cet homme.

Car palette large, il faut ! En effet, la question première est d’abord celle-ci: que faut-il pour avoir la capacité de jouer un rôle comme celui du Joker ? Tellement complexe, le Joker est un personnage qui passe d’un extrême à l’autre. Celui-ci est sûrement le méchant le plus célèbre de l’univers Batman. Lorsque je me rends dans les rues d’Arkham, les gens frémissent rien qu’à l’énonciation de son nom, comme s’ils imaginaient le monstre effrayant de leur imaginaire d’enfant caché sous le lit prendre forme devant eux. C’est cela que doit inspirer le Joker. Tel Voldemort, il doit être une légende vivante que le monde entier redoute. Quoi de plus simple que de laisser parler ce bon vieux Alfred pour résumer l’essence même de ce personnage imprévisible.

 » Certains hommes sont sans but logique. On ne peut les acheter, les intimider, les raisonner ou négocier avec eux. Certains hommes veulent juste voir le monde brûler. « 

Mais le Joker est également une entité ayant été interprété par de nombreux acteurs de talent. Et la première bonne idée qu’ils ont eue à été de se procurer une image bien à eux de ce que serait LEUR Joker. En effet, Jared Leto, récemment, est parti dans une identité totalement creepy et malsaine du personnage. Heath Ledger à lui prit le parti de s’imprégner de la folie la plus totale du personnage. Un génie du désordre et du chaos tandis que Jack Nicholson était plutôt l’image effrayante, violente et perverse du personnage. Les trois partagent forcément des similitudes, mais on réussit avec plus ou moins de succès auprès du public à s’approprier un Joker qui leur est propre. La première erreur de Bryan Cranston serait de tenter de copier l’une de ces interprétations, aussi réussies soient-elles. Prendre la folie totalement habitée jusqu’au bout des ongles de Heath Ledger comme modèle de base, pourquoi pas. La recopier, on fonce dans le mur. Comprenez-moi bien, Bryan Cranston à toutes les qualités pour égaler les prestations de ses trois prédécesseurs s’il le souhaitait. Néanmoins, la comparaison serait forcément présente en cas de trop grosses similitudes entre lui et les autres.

Mais alors comment doit jouer Bryan Cranston ? Quelle direction doit-il choisir ? À mon avis, de par son âge déjà plus avancé par rapport aux autres, l’acteur possède déjà un atout lui permettant de se démarquer. Grâce à cela, ce dernier peut déjà se tourner vers une version du Joker plus éloigné dans le futur. Joaquin Phoenix a interprété avec une certaine poésie la naissance du clown prince du crime. Bryan Cranston pourrait lui partir sur un Joker ayant déjà subi les affres du temps ainsi que les nombreuses défaites face à son rival de toujours. Difficile pour moi de voir Bryan Cranston tout aussi habité cependant que Joaquin Phoenix ou Heath Ledger. Tout est toujours très juste, mais il ne me semble tout simplement pas avoir cette même façon d’incarner ses personnages. Peut-être lui faudrait-il se diriger vers une version plus Jared Leto avec cette fibre gangster, mais avec une expérience qui transparaît sur son visage et ses attitudes. Des sourires plus fatigués, moins appuyés. Une certaine lassitude dans ses jeux morbides, mais aussi moins de patience avec ses congénères. Et pourquoi pas, pour un homme aussi prompt à créer le chaos, un dernier plan s’avérant cette fois être un sacrifice de sa propre vie pour réussir à éliminer Le Batman, son rival de toujours.

Bryan Cranston a prouvé lors de ses partitions au sein de Breaking Bad qu’il avait tout ce qu’il fallait pour pouvoir inspirer la crainte chez le spectateur alors même que ce dernier avait de l’empathie pour lui quelques saisons plus tôt. Honnêtement, le voir en Joker d’un futur plus lointain est terriblement grisant à imaginer et je n’ai aucun doute quant à la réussite de l’acteur s’il s’approprie le rôle à sa manière. Si vous en avez, je vous invite alors à revoir cette scène tout droit sortie de Breaking Bad.  

« Et c’est alors que Batman, complètement sonné par ce qui venait de lui arriver, ne voyait qu’un flou qui commençait à se dissiper, laissant apparaître le visage coloré de son antagoniste de toujours. Vieux, marqué par les années tout comme lui, il savait pourtant en voyant son visage au-dessus de lui que cette fois, c’était lui qui avait perdu la partie. Et pour la première fois depuis qu’il le connaissait, il semblait étrangement apercevoir un vrai sourire sur son visage morbide. « Batman, … Say my Name. » Dit-il triomphant avant de finalement s’écrouler à son tour, se sachant lui aussi perdu. Une pensée qui… Le fit rire. Encore et encore. Encore et toujours.« 

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