Cette histoire est tirée de faits réels

Je ne sais pas pour vous les ami(e)s geeks, mais j’adore regarder Le Seigneur des Anneaux, Star Wars ou encore Breaking Bad et Battlestar Galactica. Encore et encore. Ces histoires ont le don de m’emporter et de me faire vibrer. Elles sont parmi mes œuvres favorites et possèdent de nombreuses qualités. Mais il y en a malheureusement une qu’elles ne pourront jamais avoir. Et c’est la force de la réalité.

Le nombre de fictions ancrées dans notre réalité est légion. Et de par leur choix de raconter une histoire relativement réaliste, elles arrivent à nous émouvoir, nous effrayer même parfois. Mais plus que cela, ces fictions aiment à nous faire réfléchir. Et c’est en cela qu’elles diffèrent des autres projets basés sur des faits réels.

Breaking Bad possède cette magnifique résonance sur le spectateur. Cette force de la réalité qui nous fait s’identifier à ce personnage grâce à une écriture d’une justesse rarement égalée. Potentiellement, n’importe qui pourrait dériver comme Walter White a l’annonce d’un cancer qui laisse nos jours sur cette terre et auprès des personnes que nous aimons comptés. N’importe qui. Mais il n’en reste pas moins que les actions et événements relatés durant la série n’ont pas été réellement vécus. Malgré le réalisme criant de l’évolution de Walter, tout n’est que fiction. En ce sens, la série et toutes les autres du même genre, crée effectivement beaucoup d’émotions et d’attachement, mais ne résonne pas de la même manière qu’une œuvre basée sur des faits réels.

Danger, danger… T’es qu’une fiction Walter !

Prenons Narcos Mexico désormais. La série a de nombreuses similitudes dans le sujet traité et les deux séries réussissent avec brio à retranscrire leur histoire respective. En effet, elles traitent toutes deux d’un personnage banal finissant par plonger dans le monde de la drogue et cherchant à acquérir le monopole de ce marché. Et pourtant, le sentiment et les émotions lors du visionnage des deux séries est totalement différent !  Cela n’est dû qu’à une seule et unique chose et c’est l’existence réelle de Miguel Angel Felix. Lorsque Walter White réussit un coup de maître, on sourit devant notre écran, on se prend à être content pour lui d’avoir pris le dessus sur son opposant. Lorsque Miguel Angel Felix réussit lui aussi un autre coup de maître, la sensation n’est plus la même. On s’offusque, on se surprend et se questionne sur le comment de la réussite possible de ce coup. Tout simplement parce que ce qui vient de se passer devant nos yeux, de nous être racontés, avec autant d’artifice soient-ils pour le plaisir de la série, s’est réellement déroulé dans le monde sur lequel nous sommes nés. Un monde qui, contrairement aux fictions réalistes telles que Breaking Bad, est entouré de règles, de barrières, de possible et d’impossible. La différence entre les deux œuvres et les sentiments qu’elles dégagent, elle n’est nulle autre que dans ce léger concept de départ de ces dernières. 

Ca c’est le regard d’un type qui gagne en 1 minute ce que tu gagnes en un an. Et il a existé !

Cela signifie-t-il que les histoires basées sur des faits réels sont forcément meilleures que toutes les autres ? Non, absolument pas. Car comme pour toutes les autres histoires, le plus important n’est pas forcément le récit, mais comment il est raconté. Cet écho particulier que l’on ressent en regardant Chernobyl brûlé sous les négligences du pays ou en observant la nonchalance de Ted Bundy n’est pas simplement dû à l’histoire réelle même, mais à la réalisation et au jeu brillant offert pour raconter celles-ci. La qualité reste de plus assez subjective et très changeante d’un spectateur à l’autre. Tout comme pour les autres films, certaines histoires font énormément ressurgir d’émotions à un spectateur là ou un autre n’y verra que des heures d’ennuis et de désintérêt le plus total. J’ai été énormément touché par les films Spotlight et Une Merveilleuse Histoire du Temps. Pourtant, cela ne reflète en aucun cas le ressenti général de l’ensemble des spectateurs ayant vu ces films.

Les fictions basées sur des faits réels pourraient finalement être considérées comme un genre totalement à part d’écriture. Car bien que partageant des similitudes avec les autres genres, elles possèdent cette particularité avantageuse d’offrir un ressenti unique. Une réflexion, une peur de se dire que ce que l’on regarde est effectivement une fiction, mais que celle-ci fait partie de l’humanité et de notre histoire. Que ce fou a réellement existé, que cette erreur a réellement été commise, que cette action a réellement été osée. Tout cela offrant un recul comme nul autre pareille sur ce que nous venons de regarder. Ni meilleure, ni moins bien, simplement plus réel pour nous êtres humains que nous sommes en 2021.

2 commentaires

  1. Comme d’habitude, une réflexion bien intéressante. C’est vrai qu’une œuvre n’a pas la même portée, si elle est fictive ou inspirée de faits réels. Cette indication est d’ailleurs parfois à prendre avec des pincettes (comme par exemple avant certains films d’horreur) mais ça a quand même beaucoup d’impact sur le spectateur. Et Breaking Bad et Chernobyl sont de bons exemples.

    Aimé par 2 personnes

    • Effectivement ! Ou aussi dans le cas du film Fargo et de la serie dérivée qui ont eu le don de faire croire à des faits réels en début de film ou d’épisode… alors que pas du tout ! ^^

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